Plusieurs facteurs vont influencer la décision des parents, dont le coût qui peut varier entre 200 $ et 2000 $, selon les professionnels, le type d’évaluation et la gravité du trouble! Il faut magasiner! Compétences en évaluation de l’orthopédagogue Tout d’abord, il faut comprendre que n’importe qui pourrait s’improviser orthopédagogue, puisqu’il n’existe pas d’ordre professionnel pour les orthopédagogues. Le public doit donc être vigilant et poser des questions. Les orthopédagogues qui ont suivi le baccalauréat en orthopédagogie, avant 2003, ont reçu une formation en évaluation. Celles et ceux qui ont étudié en adaptation scolaire et social ont surtout été formés en enseignement et en intervention. Il leur faut poursuivre une formation complémentaire de 2e cycle. D’autre part, l’orthopédagogue est l’intervenant la plus spécialisée e lecture, en écriture et en mathématique. Elle effectue une évaluation approfondie des forces et des lacunes de l’élève dans le but de mieux aider ce dernier. Contrairement aux autres professionnels qui n’utilisent que des tests standardisés qui évaluent de façon quantitative (rangs centiles) et effleurent les différents indicateurs, l’orthopédagogue procède aussi à une évaluation qualitative des résultats (analyse des erreurs) pour donner un portrait plus juste des difficultés et des besoins de l’élève. En lecture, par exemple, elle évalue cinq processus de lecture contre un ou deux en neuropsychologie. Cela permet entre autres de réduire les risques de « faux positifs » et de « faux négatifs » dans l’identification. L’évaluation, un acte parfois réservé En 2012, le gouvernement a émis le projet de loi 21 qui modifie le Code des professions et spécifie les actes réservés dans le domaine de la santé mentale et des relations humaines pour les professionnels membres d’un ordre professionnel. Les troubles d’apprentissage sont classifiés parmi les troubles mentaux et quelques professionnels se partagent la tâche d’évaluation, selon leur spécialité : audiologiste, conseiller en orientation, ergothérapeute, médecin, psychoéducateur, psychologue/neuropsychologue, orthophoniste. Comme l’orthopédagogue ne fait pas partie d’un ordre professionnel, ses fonctions n’y sont pas détaillées. Par contre, un comité d’experts a été mis sur pieds, en avril 2013, pour examiner la situation des orthopédagogues en lien avec l’évaluation réservée par le PL 21 et pour préciser leur rôle. La loi distingue les activités réservées et celles qui ne le sont pas. L’évaluation concernant les troubles mentaux, le retard mental, les troubles neuropsychologiques et les handicaps ou difficultés d’adaptation sont des activités réservées. L’évaluation des difficultés ou troubles d’apprentissage (lecture, écriture, math) ne l’est pas. L’orthopédagogue peut donc évaluer la dyslexie, mais pas le TDA/H qui relève de la psychologie. Voici ce que dit la loi : 3.6.11. Évaluer un élève handicapé ou en difficulté d’adaptation dans le cadre de la détermination d’un plan d’intervention en application de la Loi sur l’instruction publique Ce qui est réservé L’évaluation effectuée par les professionnels suivants, dans le cadre de leurs fonctions respectives :
- psychologue : fonctionnement psychologique et mental;
- conseiller d’orientation : fonctionnement psychologique, ressources personnelles et conditions du milieu;
- psychoéducateur : difficultés d’adaptation et capacités adaptatives;
- orthophoniste : fonctions du langage, de la voix et de la parole;
- audiologiste : fonctions de l’audition;
- ergothérapeute : habilités fonctionnelles;
- médecin : évalue et diagnostique toute déficience de la santé.
Ce qui n’est pas réservé : les difficultés ou troubles d’apprentissage Les activités suivantes ne sont pas réservées et peuvent donc être réalisées par l’ensemble des professionnels et intervenants :
- Procéder à la détection, au dépistage et à l’appréciation des difficultés d’adaptation ou des besoins d’un élève handicapé ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage;
- Procéder à l’évaluation des besoins d’un élève en vue d’établir un plan d’intervention ou de mettre en place les interventions pédagogiques ou orthopédagogiques appropriées;
- Évaluer la capacité à lire ou à raisonner à l’aide de concepts mathématiques;
- Évaluer le retard scolaire d’un élève.
Par contre, dans les cégeps et les universités, le diagnostic par le médecin ou l’évaluation par un professionnel habilité pour évaluer les troubles d’apprentissage (médecin, psychologue/neuropsychologue, orthophoniste) est obligatoire pour qu’une personne ait accès, par exemple, à des services ou à des subventions. L’orthopédagogue peut alors travailler en comité multidisciplinaire avec les autres professionnels qui poseront le diagnostic final.
Annexe I
Lexique des définitions utiles à la compréhension du projet de loi no 21
Termes et définitions |
Le dépistage vise à départager les élèves atteints d’un trouble d’apprentissage de ceux qui ne le sont pas, afin de faire une évaluation approfondie. |
La détection consiste à relever des indices de trouble lors d’interventions avec l’élève, elle s’appuie sur la sensibilité des intervenants. |
L’évaluation implique de porter un jugement clinique à partir des informations récoltées et de communiquer les conclusions de ce jugement. Les professionnels procèdent à des évaluations dans le cadre de leur champ respectif. |
Le diagnostic est l’évaluation médicale qui peut requérir un examen complet. Le médecin est le seul professionnel habileté à poser un diagnostic. Les autres professionnels peuvent toutefois procéder à des évaluations dans le cadre de leur champ d’exercice respectif et communiquer leurs conclusions au médecin. |
Dans une équipe multidisciplinaire, les différents professionnels sont sollicités à titre de consultants experts et ne sont pas nécessairement regroupés dans un même milieu de travail. Il est important de souligner que, dans plusieurs situations, le travail d’un seul de ces professionnels ne peut suffire pour conclure. |